Nous avons interviewé Clément, créateur de Flag, un média éco-citoyen

Greenly : le réchauffement climatique est-il un sujet de préoccupation pour toi et pourquoi ?

Clément : Évidemment. De par mes engagements et mes choix professionnels, cette cause occupe une place centrale dans ma vie quotidienne. Cela conditionne notre avenir commun. Je suis persuadé que nous avons tous un rôle à jouer et que la somme des petits gestes peut faire la différence si nous sommes des millions à les faire. Utiliser Greenly est un moyen de se mettre facilement au service de cette cause.

De mon côté, j’ai créé Flag il y a 6 mois, un média éco-citoyen. Ses missions : valoriser les initiatives vertueuses, les gestes simples facilement applicables au quotidien et tenter d'amener chaque personne vers une meilleure version d'elle-même. Un média de l'inclusion citoyenne en somme. Je souhaite faire en sorte que tout le monde puisse se sentir concerné face à ces problématiques. Montrer qu'il y a aussi de la place pour ceux qui ne font pas tout parfaitement. Mes thématiques de sensibilisation sont assez large : mode responsable, sobriété numérique, consommation locale, développement durable au sens large... L'objectif reste d'abord de toucher les gens avec ce qui les intéresse, et de synthétiser pour eux des informations clés liées à l'écologie (les rapports de l’ADEME, Carbone 4, WWF etc).

Cette volonté d'agir remonte à plusieurs années maintenant. Durant mes études à l'Ecole Supérieure du Digital, j'avais même intégré un programme de mentoring (le start-up lab) pour développer une plateforme gamifiée de sensibilisation à l'écologie. Un "Tik-Tok de l’éco-citoyenneté". Le projet n'a malheureusement pas abouti, ce qui m'a poussé à lancer Flag.

Qui doit agir en priorité selon toi ? L’État ? Les entreprises ? Les citoyens ?

Julien Vidal a déclaré ceci : "L'action individuelle vient jouer le rôle d'étincelle pour initier des tendances collectives". Je me retrouve totalement dans ce constat. Le changement devra évidemment être systémique mais nous avons aussi un rôle à jouer en tant qu'individu. Se mettre au service d'une cause qui nous dépasse, faire sa part à la manière du colibri.

Comment vois-tu l’après Covid-19 ? Va t’on changer réellement nos habitudes ?

Je suis résolument optimiste de nature mais plusieurs signes doivent nous mettre en garde. Je pense que la crise sanitaire nous aura ouvert les yeux sur ce monde qui ne tourne pas rond. Sur la nécessité de retourner vers des modes de consommation plus durables et plus locaux à tous les niveaux de notre vie, sans que cela ne soit perçu comme une régression.

La crise sanitaire nous a obligé à adapter notre mode de vie, notamment pour ce qui concerne le port du masque. Et malheureusement, la pollution liée aux masques est déjà terriblement visible. Je ne comprends pas que l'accent n'ait pas plus été mis sur la nécessité de préférer les masques en tissu aux masques jetables.

Au-delà d'engendrer une pollution monstre, les masques jetables sont pour la plupart importés de l'autre bout du monde. Une bonne partie de l'industrie textile s'est mobilisée pour produire des masques en tissu réutilisables. Préférer les masques en tissu made in France, c'est l'occasion de faire d'une pierre deux coups : soutenir la filière française et limiter son impact sur la planète.

Selon Alexis Krycève, CEO de Gifts For Change, les masques jetables (confectionnés à partir de matières thermoplastiques qu'on ne sait pas recycler) pourraient générer près 300 000 tonnes de déchets en France ! Soit autant que la quantité de déchets engendrés par notre consommation annuelle de bouteilles en plastique.

Gardons à l'esprit qu'à chaque fois que nous consommons, nous votons pour le type de monde que nous voulons.

Quantifies-tu tes efforts ? Y vois-tu un intérêt ?

Cela fait 2 ans que je fais des bilans carbones via WWF et Goodplanet. Faire son bilan carbone est quelque chose de primordial : il met en lumière ce que l'on doit changer dans notre consommation et nous pousse à opter pour des alternatives plus durables.

Par choix, cela fait 3 ans que je n’ai pas pris l’avion. Je privilégie le tourisme local et donc le train mais je ne ferme pas la porte à reprendre l'avion un jour. Je pense juste qu'il faille fonctionner comme si chacun de nous avait un quota carbone. J’essaye aussi de limiter au maximum l'usage de la voiture.

L'impact carbone très faible de Clément en juin

J'ai drastiquement limité ma consommation de viande pour passer à un régime dit "flexitarien". Cela me permet de revenir à une cuisine de saison, plus locale et plus saine. Quand on connaît la réalité de ces métiers ô combien vitaux, préférer les agriculteurs / maraîchers / petits producteurs... proches de chez soi quand on le peut, c’est un acte citoyen.

Ancien acheteur compulsif, le vêtement a toujours occupé une place particulière dans ma vie mais depuis 2019, je ne m’habille plus qu’avec de la seconde-main. En parallèle de Flag, je travaille d'ailleurs à l'élaboration d'une marque de vêtements upcyclés.

Je ne prône pas la perfection écologique. Exister dans notre système c'est être polluant par nature, chaque personne comprendra toujours son lot de contradictions et c'est tant mieux ! Mais peu importe nos sensibilités respectives sur ces enjeux, il nous est tous possible d'agir. Au risque de me répéter, il n'y a pas de petit geste si nous sommes des millions à les faire.

Quelle fonctionnalité te paraît la plus intéressante ?

Je me retrouve beaucoup dans cette app. Elle est très intuitive donc accessible à un large public, à chaque achat effectué des alternatives nous sont proposées. L'aspect pédagogique de Greenly est aussi déterminant : les données sont chiffrées et sourcées, l'utilisateur va à l'essentiel. Je recommande évidemment Greenly à chaque personne qui souhaiterait prendre conscience de son impact et le diminuer.

Pour mesurer et réduire ton empreinte carbone comme Clément tout en finançant la transition écologique, tu peux télécharger l’application Greenly sur iPhone ou Android.